NOTRE

HISTOIRE

Les premiers fan clubs
 

Le premier groupe de supporters servettiens qui ne fut pas un simple Fan’s Club officiel fut très certainement le Supporters Club, regroupant environ 40 personnes et qui furent présents partout autant que possible. Issu d’une bande copains expulsés du Fan’s Club officiel vers le milieu des années ’70, ce groupe dura jusqu’au début des années ’80. Bien loin de la mentalité ultra, c’était avant tout un regroupement d’amis qui avaient une passion commune : Servette. Les seuls problèmes qu’ils connaissaient véritablement étaient avec les ennemis de toujours : Sion ! Le Fan’s Club officiel était toujours bien présent, mais avec des activités fort réduites. C’est alors qu’un autre petit groupe de jeunes allait fonder leur propre groupe. Après plusieurs années d’hésitation au niveau du nom, ils se décidèrent pour Section Grenat. Un nom en français pour une ville romande, quoi de plus logique ! Nous sommes en 1988.

On ne parle toujours pas de mentalité ultra. Au contraire, on y voit un doux mélange entre style anglais et allemand, avec des vestes de jeans remplies de patches côtoyant des looks plus sobres

A cette époque, le principal ennemi était Neuchâtel Xamax avec qui les incidents étaient réguliers. Mais il y avait bien évidemment toujours le traditionnel Sion, une valeur sûre qui traversera les années! Côté chants, c’était bien souvent relativement simple, avec de nombreux délires entre deux. Par contre, les torches et les fumigènes avaient déjà fait leur apparition!

1990 fut un tournant important pour la Section Grenat. En effet, les fondateurs ne voulaient plus continuer à diriger le groupe. De nouveaux jeunes reprirent le flambeau, structurant d’avantage le groupe et lançant de façon plus large ce qui allait devenir le seul groupe genevois à traverser les années et les générations. La Section Grenat ne se sentant plus à l’aise en Tribune Latérale, le groupe déménagea en Tribune Ouest, ce qui fit plaisir à certains, car les fumigènes n’étaient pas du goût de tous… Le reste du kop suivit alors le groupe moteur des Charmilles.

Une troisième génération de dirigeants de l’association reprend les rennes : le groupe devient mature. 1993 marque un nouveau tournant : le premier tifo du groupe, en octobre, est réalisé à l’occasion du match UEFA contre Bordeaux. Ce ne fut pas une très grande réussite, car les feuilles étaient trop petites. Mais qu’importe. La machine était lancée et les tifos, dès 1994, se succédèrent régulièrement, accompagnés de pyrotechnie.

Tifos, torches, fumis, nouveaux chants et incidents avec Sion rythmèrent les années ’90 aux Charmilles, tout ceci avec une fidélité sans aucune faille dès 1996, avec une présence de la SG à tous les matches officiels. La mentalité ultra était totalement implantée à Genève !

En 2000, les fondateurs de la SG, toujours présents, décidèrent de regrouper les supporters trentenaires au sein de la Vieille Garde. La motivation première était d’inciter ces vieux supporters à demeurer actifs en liant d’avantage cette ancienne génération dont la motivation à se déplacer, voire parfois à venir au stade, déclinait régulièrement. Par contre, ce groupe n’a aucune réelle activité, si ce n’est bâcher et boire.

Déménagement à la Praille

Alors qu’entre deux crises au club la SG vivait sa vie, un nouveau tournant se présenta : le déménagement à la Praille.

La SG vécut moyennement bien ce déménagement. Tout d’abord installé en bas de la tribune, le groupe décida rapidement de remonter au-dessus de la porte J, car le kop était totalement esseulé en bas de la tribune, avec l’impossibilité de faire suivre les chants par le reste de la tribune. L’ambiance au début s’en ressentit donc, avec une Tribune Nord bien triste. En remontant dans la tribune, l’ambiance remonta d’un cran, mais sans jamais atteindre ce que nous avions connu aux Charmilles. Et parallèlement, la répression commença à faire véritablement son apparition. Alors qu’aux Charmilles la contestation était peu courante, elle devint presque régulière dans ce nouveau stade trop grand pour nous.

Rarement l’ambiance aura décollé. De plus, au vu du peu de monde, il est presque impossible d’organiser régulièrement des animations. Bref, la morosité s’était installée en virage nord.

Puis arriva ce funeste début d’année 2005. Tant la Section Grenat que la Vieille Garde firent une pause jusqu’à la reprise. La motivation n’était en effet pas suffisante pour une série de 13 matches amicaux.

La reprise de la saison 2005/2006 se fait finalement avec panache. En effet, la Section Grenat lance la saison sur de très bonnes bases. Après un premier match de rodage à Nyon en Coupe, le premier déplacement depuis la faillite est organisé pour Bex. Et là, excellente surprise, c’est un car plus que comble qui part de Genève pour ce qui allait être sans conteste le plus gros enfumage de la saison. L’usage toujours correct, mais parfois massif d’engins pyrotechniques en ce début de saison allait provoquer une rupture entre la Section Grenat et la nouvelle direction du club qui a choisi de se ranger du côté de la ligue au lieu de soutenir ses supporters.

Toutefois, soucieuse de ne pas envenimer la situation, la Section Grenat renonça pour plusieurs match à allumer des torches ou fumigènes. Cela ne l’empêcha pas d’être présente partout, avec un noyau plus motivé que jamais. Cette saison 2005/2006 fut finalement une bonne cuvée.

La Section Grenat a pris de l’ampleur avec un noyau qui a paradoxalement grandi par rapport à 2004 et ce, même si le groupe fut parfois isolé. Cette saison au purgatoire aura permis de jolies réalisations, notamment un immense SFC avec des feuilles sur la Tribune Latérale en Coupe contre Winterthour.

La promotion permettra aux supporters actifs de retourner en Tribune Nord qu’ils avaient pour une saison abandonnée. De cette saison en Première Ligue, nous retiendrons que peut-être pour la première fois, la Praille, du moins la seule tribune ouverte, a vraiment vibré pour Servette. Il aura fallu attendre que des amateurs enfilent le maillot grenat pour voir cela.

Les promotions

La Challenge League permit aux supporters servettiens de découvrir certains lieux plus ou moins bucoliques, mais souvent fort éloignés de Genève. Finis les déplacements dans les campagnes romandes. Le retour à la réalité fut parfois douloureux. Au lieu d’aller au pire à Naters ou Bulle, il fallait désormais se rendre régulièrement à l’autre bout de la Suisse pour pouvoir encourager ses joueurs. Cela influença bien évidemment le nombre de supporters en déplacement.

Ce fut par contre l’occasion de retrouvailles avec certains de nos rivaux d’avant la faillite : Lausanne et Neuchâtel. Et indirectement de retrouver Sion, via un déplacement à Chiasso qui restera hélas gravé dans les mémoires, en raison des incidents violents qui s’y déroulèrent.

Ce fut également le temps des retrouvailles entre la SG et leurs amis de toujours : Lugano. Ces parties en Challenge League furent l’occasion de serrer encore plus les liens entre ces supporters amis depuis les années ’80. Si les uns et les autres se rendaient visite dès qu’ils pouvaient, les parties opposant les deux clubs étaient un hymne à l’amitié lors desquelles les supporters des deux camps encourageaient alternativement leur équipe et l’adversaire. A quelques occasions, les deux tribunes passaient même tout ou partie d’un match ensemble, encourageant les couleurs à tour de rôle. A cette amitié, il faut ajouter celle avec Sochaux. Amitié indéfectible réunissant pour le meilleur et pour le pire les Grenat, les Bianconeri et les Jaunes et Bleus.

La Challenge League fut faite de hauts et de bas. Et parfois, la Praille s’est enflammée, sous l’impulsion d’une Section Grenat toujours présente, malgré la répression parfois aveugle, voire totalement injuste, que ses membres devaient subir.

Tout le monde se souvient de la Praille qui chavira de bonheur lorsque Servette retourna la vapeur de 0-3 à 4-3 pour son premier derby à la Praille face à Lausanne. Mais surtout, il y eut cette extraordinaire saison 2010-2011 au bout de laquelle les Grenat allaient retrouver l’élite.

© Section Grenat